Leila Chaibi (FDG) : Un camion de frites pour faire campagne

Article publié sur Paris5sur5.fr sur la candidate tête de liste du Front de Gauche aux élections Municipales Paris 2014, dans le 14e arrondisement. Samedi 18 janvier, 15 :30, porte de Vanves. Un camion rouge offre des frites pour tous les passants du secteur.  Placardé d’ affiches du Front de Gauche, ce n’est pas un camion de burgers comme les autres. Leila Chaibi, la trentaine, candidate à la mairie du 14e arrondissement pour le Front de Gauche est là depuis une demi-heure pour rencontrer les habitants du quartier. Processed with VSCOcam “On s’est aperçus que la convivialité marche mieux que le militantisme classique pour faire campagne et discuter avec les gens. Au départ, on avait pensé à un camion de pizzas, mais c’est plus cher et plus difficile à mettre en place. Ainsi, comme on n’a pas les moyens du PS ou de l’UMP, on a besoin d’organiser des activités qui nous rendent visibles” nous explique-t-elle .

Le camion a été loué pendant toute la campagne, et sera utilisé presque tous les samedis, toujours dans un endroit différent de l’arrondissement. Parfois c’est elle qui sert les frites (“j’ai travaillé dans la restauration”, nous dit-elle), parfois ce sont les membres du parti qui le font. Des tubes de la radio, et les cris d’un des cuisiniers “Venez,  la gauche c’est le partage!” font l’effort d’attirer les gens, mais ce n’est pas facile, surtout au début d’après-midi.

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Ce sont principalement les enfants qui passent et repassent pour une nouvelle barquette. Les adultes électeurs du quartier sont eux plus difficiles à accrocher. La plupart continue leur chemin. Quelques passants s’approchent, parfois pour discuter directement avec Leila Chaibi ou avec les militants du parti.

 Plutôt que de répéter des promesses de campagne, Il s’agit surtout de savoir si la personne habite le quartier, de connaître son opinion sur les choses qui marchent et qui ne marchent pas, et d’exposer les points de la campagne du Front de gauche. “C’est vrai qu’ici il y a quelques problèmes d’insécurité, mais on n’est pas à Bagdad », argumente Djibil, membre de l’association Dounia « Cultures et Développement” qui siège au XIVe. “De tous les candidats, vous êtes la seule à parler des problèmes de logement. Dans le quartier il y a milliers des logements vides qui pourraient être utilisés”. Leila Chaibi est évidemment d’accord avec lui. “Ce que devrait être illégal c’est de laisser des bâtiments vides”. Une adolescente de 17 ans s’approche avec sa mère pour discuter. Énervée, elle dénonce un «manque d’inclusion» des fils d’immigrés . “Ils sont discriminés quand ils vont chercher du travail. Beaucoup de gens pensent qu’il y a que les noirs et les arabes qui vendent de la drogue. Il faut les inclure, ils ne savent même pas lire!”

Questionné sur la décision du PCF de présenter une liste conjointe avec le PS pour les municipales, Leila Chaibi martèle : “Les militants du PCF me font un peu de la peine. Ils ont fait ça pour les postes. Moi, quand j’ai commencé à faire la politique, je ne l’ai pas fait pour m’allier avec le PS. Au départ, je pensai qu’on allait mettre une pause à nos relations, mais maintenant, je ne sais pas qu’est que va se passer réellement”. 20140118_163624 Deux immigrés péruviens vont chercher une barquette. José, l’un d’eux, habite dans un HLM juste en face. Cela fait 25 ans qu’il habite à Paris. Il demande un tract, et se dit intéressé pour participer aux meetings du parti. “J’aimerais voter dans les municipales. À quand le vote pour les étrangers ?” revendique-lui.

Cliquer pour écouter le bilan de la journée par Leila Chaibi. 

Il est 18 heure et c’est l’heure de partir. Environ trente personnes de tous âges sont passés pour le camion. Dans une semaine le camion de frites continuera à parcourir le quatorzième.

Camilo Moreno

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