En cartes et en graphiques : comment avance la couverture mobile en 4G en France ? (2/2)

arcep_zones_blanches

Bien que la couverture en 4G du territoire français soit en progression, les opérateurs ont encore un long chemin à parcourir pour équiper, et activer, tous les sites, particulièrement ceux qui sont classés en zones blanches.

Par Camilo Moreno

Fin 2018, l’Arcep recensait 9 976 sites identifiés au sein du programme Zone Blanche centre-bourgs pour l’ensemble des opérateurs mobiles. Ce programme qui vise à équiper en 4G des zones très rurales et peu peuplées du pays, cherche à apporter une couverture élargie correspondante à une surface  de plus du 7 % du territoire national, comme l’indique la Fédération Française des Télécoms.

Précision d’importance : selon l’Arcep, un grand nombre des sites recensés sont probablement mutualisés entre deux ou plusieurs opérateurs, mais à ce jour, il n’est pas possible de connaître leur nombre exact. Nos analyses considèrent donc chaque site comme unique, même si en pratique, il est probable, pour certains, que plusieurs opérateurs le partagent.

En analysant les données mises à disposition par l’Arcep dans le cadre du New Deal Mobile, il apparaît que les zones blanches sont distribuées partout sur le territoire, à l’exception de 9 départements, majoritairement franciliens, qui sont épargnés : Essonne, Hauts-de-Seine, Paris, Seine-et-Marne, Seine-Saint-Denis, Val-d’Oise, Val-de Marne, Yvelines et Bouches-du-Rhône.

De l’autre côte du spectre, les départements avec le plus grand nombre de sites en zones blanches sont :

  1. Haute-Marne (500)
  2. Côte-d’Or (444)
  3. Dordogne (351)
  4. Meuse (312)
  5. Aveyron (307)

Comme le montre cette carte, ils sont situés majoritairement dans l’est et le sud-est du pays :

Sur les 9 976  sites du programme « Zone blanche – centre bourg », trois quarts d’entre eux devront être équipés en 4G d’ici 2020. Le quart des sites restants devra être équipé au plus tard à la fin de 2022. Mais les données fournies par l’Arcep ne permettent pas de les distinguer.
Tous les autre sites, en zone “normale” devront être équipés en 4G avant la fin 2020.

[open_data]

Cette autre graphique interactif réalisé par la Gazette des communes à partir des données mises à disposition par l’Arcep montre, département par département, et opérateur par opérateur, le nombre de sites à équiper en 4G, répartis entre zone “normale” et zone blanche.

Quels enseignements en tirer ?

Les opérateurs tiendront-ils le rythme imposé par le gouvernement, dans le cadre du New deal mobile ? En tout cas, le nombre de sites à équiper en zone blanche est sensiblement identique entre tous les opérateurs, avec 2 472 en moyenne. La situation est en revanche totalement différente pour les sites à équiper hors des zones blanches, avant la fin 2020, donc. En effet, Orange est, de loin, l’opérateur qui doit équiper le plus de sites (3 066), suivi par SFR (2 260), Bouygues Télécom (1 035) et enfin Free Mobile (96). La situation de Free Mobile attire l’attention, car s’il s’agit de l’opérateur qui possède le plus petit réseau en 4G mobile, il est aussi le plus proche d’accomplir ses obligations au titre du new deal mobile. Cette situation s’explique : l’opérateur possède en effet moins de sites, mais en proportion, ils sont plus équipés en 4G. De manière assez logique, la plupart des sites à équiper d’ici 2020 se situent dans les départements les plus peuplés : Paris (561), le Nord (243), les Bouches-du-Rhône (237) et la Seine et Marne (187).

Comment a évolué l’équipement des sites en 4G par opérateur ?

Cette autre infographie réalisée à partir de la même source permet de visualiser l’avancement de l’équipement des sites en 4G depuis la fin du deuxième trimestre 2018 (date des plus anciennes données disponibles) et le quatrième trimestre 2018.

Quels enseignements en tirer ?

En moyenne l’opérateur qui a le plus avancé (en nombre de points) entre les deux périodes est Orange (8.5), suivi de SFR (4.9), Bouygues (4.5) et Free (0.7).

Orange, est ainsi l’opérateur qui a fait le plus de progrès, mais il reste aussi le plus en retard en matière d’équipement de sites 4G.

Mais chaque opérateur avance à un rythme différent selon les départements, et le volume de sites à équiper. Ainsi, les opérateurs qui ont le plus avancé en taux d’équipement 4G entre le 2e trimestre 2018 et le 4e trimestre 2018 sont :

  • SFR dans le Loiret, qui passe de 49 % à 80 %  de sites équipés en 4G (soit + 31 points) ;
  • Bouygues Télécom dans l’Eure-et-Loir, de 61 % à 89 % (soit + 28 points) ;
  • Orange dans le Calvados, de 66 % à 88 % (soit + 22 points) ;
  • Free Mobile dans les Landes, de 66 % à 72 % (soit + 6 points).

Les opérateurs devront redoubler d’efforts dans les départements suivants avant la fin 2020  :

  • SFR à Paris, qui part d’un taux d’équipement de 70 % à fin 2018 et doit atteindre 100 % (soit un écart de 30 points) ;
  • Orange dans le Loiret, qui doit passer de 69 % à 97,6 % des sites placés hors des zones blanches (soit un écart de 28.6 points) ;
  • Bouygues Télécom à Paris, pour passer de 80 % à 100 % (soit 20 points d’écart).

Comments are closed